
Nanti d'une troisième place au classement, de la cinquième défense et de la deuxième attaque du championnat, l'OM présente jusque là un bilan flatteur. Mais n'est-il pas un cache misère ?
La saison de l'OM est étrange, à l'image du club, soumise à tous les excès. On peut observer une nette césure qui délimite deux temps, deux OM. Cette coupure, tout le monde la placera selon sa convenance mais pour moi, elle se situe à la 14ème journée, date de la rencontre face à Lorient. Jusque là, l'OM, c'était Joga Bonito. Des prises de risques constantes, un placement très haut sur le terrain bref, des joueurs qui se dédient complètement à l'épanouissement offensif de l'équipe. Niang, Koné, Ben Arfa ou encore Valbuena ne ménagent pas leurs efforts et profitent de l'esprit conquérant des milieux de terrain pour enchanter le milieu du football français. L'équilibre de l'équipe est très branlant mais la qualité technique suffit pour que l'OM pose sa patte sur quasiment chaque match qu'elle dispute, que ce soit contre Le Havre ou Bordeaux. Le public était abreuvé de beau jeu et pouvait fermer les yeux sur les errances défensives, finalement peu sanctionnées sur le terrain.
C'est donc un OM confiant et rempli de certitudes qui se présentait face au PSG en ce 26 octobre, pour le grand match que tout le monde attendait. La suite, vous la connaissez, un véritable fiasco. L'OM encaisse 4 buts, exposant devant des millions de télespectateurs ses grandes faiblesses. Malgré des circonstances attenuantes, le résultat est là, l'OM se prend une rouste face à un de ses pires rivaux. Une terrible déception encore plus nourrie par l'affaire "Ben Arfa", ajoutant une pierre à l'édifice des dysfonctionnements phocéen ce soir là. C'est un premier gros choc psychologique qui frappe le groupe et qui écorne l'excellent bilan en championnat jusque là.
Mais le pire restait à venir. Novembre, Marseille remonte bien la pente et accueille Lorient sans trop de craintes. Cet état d'esprit est confirmé par un excellent début de match, récompensé par deux buts. On peut penser que l'OM tient son match et qu'il peut même se permettre d'aller inscrire un 3ème but au vu des espaces qui lui sont laissés. Que nenni, c'est tout le contraire qui se produira puisqu'à l'issue d'un cauchemardeque dernier quart d'heure, Lorient aura complètement refait son retard pour même s'imposer sur un ultime contre. C'est la déconfiture la plus totale, un désastre qui démontre une fois de plus la friabilité de l'OM et sa faiblesse mentale. C'est derrière une loupe grossissante que les défauts de l'OM apparaissent permettant même à Gourcuff de se fendre d'un "je vous l'avais dit". Malgré la necessité de garder la victoire, tous les joueurs se sont rués à l'attaque sans ménager leurs efforts et ils furent punis sans ménagement par des Lorientais qui, eux, surent garder leur calme. A 2-0, c'était près de 5 joueurs qui se trouvaient devant le ballon, créant un no man's land de 40 mètres entre la défense et le milieu. Les merlus n'en demandaient pourtant pas tant, surtout à une équipe censée être un des cadors du championnat. L'OM est à terre.

Et les matchs suivants ne permirent pas de se rassurer. Toujours à l'aise à l'extérieur, l'OM réitère pourtant ses désastreuses prestations à domicile avec en point d'orgue un humiliant 0-3 face à Nancy. Il fallait faire quelque chose. Conscient d'un problème défensif qui fragilisait l'ensemble de l'équipe, Gerets décida d'amorcer une mue progressive en vue d'acquérir une certaine sureté qui faisait tant défaut. Il conserve son cher 4-4-2 diamant mais impose des consignes plus rigoureuses à ses milieux centraux. Cheyrou et Ziani se permettent moins de montées afin de garder de l'énergie à consacrer pour la défense. Sans Niang et, partiellement, Koné, Gerets intensifie le pressing devant par l'entremise de Valbuena, "petit vélo" exerçant un harcèlement constant et utile sur les défenseurs adverses. Cela marche puisque malgré toutes les Zubourdes du monde, l'OM est la meilleure défense en 2009 avec un but encaissé. Et la nouvelle orientation de l'équipe a trouvé un nouveau souffle avec l'arrivée de l'infatigable Brandao, plus ardent défenseur de l'équipe alors que son poste est attaquant.
Mais il faut le dire, l'OM joue moche. Oh que oui. En 2009, le public du Vélodrome n'a vu que trois buts de son équipe dont un contre son camp, c'est dire la pauvreté du bilan. Autrefois prolifiques en occasions, les matchs de Marseille se sont transformés en longs tricotages autour de la surface, faits de passes redoublées inutiles et de centres au troisième poteau. Aujourd'hui, impossible d'inscrire un but si on ne rentre pas dans les cages avec le ballon. Cet OM allie l'inefficacité de Bordeaux mais sans l'esthétisme de son jeu.
Pourtant cela marche. Un seul match perdu en 2009, une troisième place à trois points de Paris et quatre de Lyon, des ambitions intactes, tous les horizons s'offrent à Marseille. Mais pourra t'on continuer à prospérer si l'on continue à enchainer les piètres performances à domicile contre des équipes de faible niveau ? N'y aura t'il pas de "Lorient-bis" qui viendra cette fois sanctionner la pauvreté offensive de notre jeu et ébranler toutes nos convictions ? N'est-il pas possible de jouer un jeu tout en nuances, sans se consacrer uniquement à l'attaque ou à la défense ? Tant de questions qui divisent les supporters Marseillais, certains étant même partisan du Joga Mochito tant qu'il conserve nos chances de remporter un titre à la fin de la saison. Wait and see. Je concluerai en disant que jouer la défense avec Brandao, Valbuena, Ben Arfa, Niang, Koné, Samassa et Wiltord, c'est forcément un échec quelque part.
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